MANGER LES FLEURS


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TYPE : Exposition collective
MÉDIUMS : Peinture, céramique, installation, texte
DATE : 2022
LIEU : Galerie SONO, Paris



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SYNOPSIS :

L’exposition collective MANGER LES FLEURS regroupe les artistes Camille Dedenise, Mariana Hahn, Alice Goudon, Isaline Dupond Jacquemart, Karolina Laderska. Commissariat : Ainhoa Bourgeois.

Présentation de l’exposition par Ainhoa Bourgeois :
“Les mots et les images ont-iels participé à ancrer des clichés de genre dans nos mœurs et, si tel est le cas, lequel des deux médiums permettrait de s’en défaire de la manière la plus efficiente ? Si les images courent parfois le risque de n’être considérées que comme des illustrations d’idées et, inversement, comme le soutient Kant les mots sont vides et ne servent qu’à organiser l’expérience, à quel système d’expression les êtres doués de sens sont-ils le plus réceptifs ? Dans l’idée d’une description de la nature, comme en témoigne d’une certaine manière le courant écoféministe, peut ainsi être relancé le débat autour de l’insatiable Ut Pictura Poesis. Fleur, faune, femme, fille, féminin sont autant de termes partageant d’une part une similarité linguistique, visuelle et sonore et d’autre, une finalité sémantique socialement construite. Une langue entièrement pensée par l’humain·e a-t-elle pu participer à définir des clichés de genre comme cette association du dit « féminin » au fleuri et, plus largement au végétal ?”

Camille Dedenise expose un triptyque grand format de peintures à l’huile, une installation avec de la terre et une céramique, ainsi qu’un texte littéraire dans le fanzine de l’exposition.

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«Les racines du chêne s’étendent et enveloppent tout, détruisant ce qui détruit. Natura Ritualis Transitus est une pause, une incantation qui entend et dit la souffrance et qui insuffle de la révolte, de la résilience, des racines et des graines.»



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TRIPTYQUE :





LE SOUFFLE : Cette peinture représente des entités immatérielles invisibles pour les humains. Je peins des femmes bleues qui représentent des femmes mystiques, des entités allégoriques, des esprits peut-être. Ici elles chevauchent une créature mythologique qui inspire et expire un souffle fait de pigments dorés. Dans un univers doux, la lune brille au dessus. LE SOUFFLE représente une respiration, un possible sur les terres arides et asséchées, l’espoir d’une régénération possible.
LES LARMES DES GLACIERS : Cette peinture représente une scène étouffante et dramatique, une réalité. Le ciel brûlant, des arbres en feu, un sol asséché, les glaciers qui fondent. Ici, la femme bleue représente l’esprit des glaciers, et ses larmes dorées se mélangent aux rivières des larmes des glaciers qui fondent. J’ai pensé et vécue cette peinture durant l’été dernier, 2022, un été trop chaud et flambant, entre les incendies et les glaciers en fontes. Une peinture vécue ce dernier été dans les Alpes. Le message de cette peinture est une alarme, encore une : la terre se meurt.
LA DERNIÈRE GOUTTE D’EAU : Cette peinture représente un ensemble d’entités naturelles, visibles et/ou invisibles, qui protègent de leur forces pures la dernière goutte d’eau. La violence de la domination humaine, de la pollution et de la perte grandissante des écosystèmes et de l’eau, est le message de cette peinture. La dernière goutte d’eau est représentée par un pigment doré, comme une énergie flottante dans les mains ce cette esprit protectrice et du monde qui l’entoure, invisible pour la plupart des humains. Le message de cette peinture est une alerte, celui du déséquilibre et de l’agonie de la Terre.


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AMPHORA :



AMPHORA, céramique (hauteur 35cm), installation, 2022

L’amphore est un récipient en terre cuite utilisé dans l’antiquité pour le transport des produits de bases comme le vin, l’huile d’olive et le garum (une sauce de poisson fermentée). Elle était rendue étanche par la poissage ou le cirage, en faisant couler dedans de la résine ou de la cire.  L’objet, fait de deux anses et d’une panse,  peut varier en taille et en forme selon l’époque, l’origine et l’usage. L’amphore est alors un objet commun sujet a une précoce standardisation, et un des déchets les plus répandu de l’antiquité. La grande quantité d’amphores produites, ainsi que la resistance matérielle de la terre cuite en fait un objet conservable, resistant et durable, permettent aux archéologues d’en retrouver un grand nombre et notamment de retracer les circuits de commercialisation dans l’espace méditerranéen et au delà.
L’archéologie, science des choses anciennes, étudie le passé à partir des vestiges matériels ayant subsisté. L’amphore est un objet archéologique par excellence, car au delà de sa charge historique, l’amphore est un objet fortement symbolique (bien que la charge historique et la charge symbolique ne puissent pas être strictement séparées). Avec les colonnes et les statues l’amphore est un symbole de l’antiquité, symbole d’une civilisation disparue, de débris ensevelis, symbole d’un passé et de ses mystères. L’amphore est le signe materiel d’un imaginaire autour d’une époque et d’un lieu, devenant un objet-préjugé, dans le sens où cet objet devient un attribut, que l’on peut notamment illustré avec la quantité d’amphores dans les magasins de souvenirs en Grèce.


De ces pistes de reflexions historiques, matérielles et symboliques, l’œuvre AMPHORA est créée.

Le propos est le suivant : la pollution, fait tragique de notre époque, a de multiples conséquences, et l’une d’elles est la problématique de l’eau : fonte des glaces, eaux polluées, sécheresses, stagnations. AMPHORA représente le rapport capitaliste à l’eau : par une production exorbitante de bouteilles en plastique notamment, standardisées et résistantes, qui donnent l’illusion que les ressources naturelles sont illimitées et peuvent être volées et pillées sans question d’équilibre. AMPHORA représente un vestige du présent dans le présent : l’eau est déjà manquante, la terre est déjà asséchée. AMPHORA est un contenant vide car l’eau vient à manquer. AMPHORA restera enfouit sous la terre comme une mémoire de la sécheresse, un objet archéologique d’aujourd’hui, suite à la fin de notre civilisation.  AMPHORA incarne le mal de notre époque, celui du meurtre de la nature. AMPHORA devient un symbole de l’agonie de la nature due à la domination humaine et incarne matériellement une alarme, encore une : “LA TERRE SE MEURT”.

L’installation est faite avec de la terre, des feuilles mortes, des cailloux, des bouts de bois empruntés dans une forêt du massif de La Chartreuse, dans laquelle Camille Dedenise travaille beaucoup. L’artiste a récupéré ces élèments, laissé des offrandes bienveillantes. Cette terre, feuilles, cailloux, bouts de bois, sont restitués après l’exposition dans leur environnement d’origine autour d’un rituel de remerciement.

“Sur AMPHORA nous pouvons lire, gravé dans la terre cuite : ‘L’eau est morte ma salive est pauvre et nous mourrons dans l’air feint sur les terres arides la pollution a vaincu l’eau n’est plus’.”


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NATURA RITUALIS TRANSITUS :

Le texte NATURA RITUALIS TRANSITUS est publié dans le fanzine de l’exposition.

LIRE LE FANZINE ICI <-

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Mémoire de recherche de Ainhoa Bourgeois (commissariat de l’exposition):

Le projet de l’exposition MANGER LES FLEURS fait partie du projet de recherche de Ainhoa Bourgeois :

 Mémoire de recherche de master II 
“Récit d’une exposition,
cycles, alternatives et spiritualités”
Par Ainhoa Bourgeois, sous la direction de Anne Creissels
Université paris VIII, Master Arts plastiques, Parcours Médiation, Exposition, Critique

...“« Manger les fleurs » se base sur un croisement des approches écoféministes contemporaines : celles de six artistes plasticien·ne·s, chercheureuses et écrivain·e·s et d’une chercheuse et commissaire d’exposition. La théorisation du projet se nourrit d’approches plus larges, académiques comme pratiques, sur ce que peuvent être les écoféminismes, en particulier dans une France peu réceptive auxdites irrationalités. Ce carrefour plastique et conceptuel, qui met en avant des thématiques réflexives, se concrétise par des choix d’œuvres multiples, des procédés scénographiques et des techniques de médiation minutieu·x·ses, mais par ailleurs emprunt·e·s d’une dimension aléatoire.”...

LIRE LE MÉMOIRE ICI <-


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